MOLIÈRE (1622-1673)
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Le théâtre de Molière dénonce les erreurs et les pièges de l’imagination. Il met en scène les rapports complexes qu’établissent les êtres humains avec la vérité, la sincérité, le mensonge, la manipulation, la dissimulation, l’imposture et les compromis que chacun d’entre nous instaurons de manière souvent inconsciente. Ces accommodements qui nous paraissent, si souvent, bien plus doux et plus rassurants que les cruelles réalités de nos existances et leurs conséquences. Chez Molière, cette dénonciation est joyeuse et féroce à la fois.
Les 12 et 13 décembre 2026, au Studio 148 d’Alfortville, nous présenterons deux de pièces de Molière, Le Mariage forcé et Monsieur de Pourceaugnac. Elles ont pour intrigue commune "le mariage".
Dans la société française du XVIIème siècle, le mariage est rarement d’amour, il est endogamique, quel que soit l’extraction de naissance des futurs mariés. Il est, avant tout, la consolidation d’une structure familiale et sociétale. Cette institution est utilisée pour créer et renforcer des alliances politiques et économiques. Elle organise la transmission et la fructification du patrimoine, favorise et peut permet l’élévation hiérarchique et sociale dans certaines conditions, toutefois avec toujours des prérequis religieux et de caste contraignants, agrémenté généralement d’une contrainte géographique. Ce contrat social et financier est minutieusement rédigé par un notaire, sous l’autorité prégnante des pères. Parfois, il est établi dès la toute petite enfance des futurs conjoints.
C’est la mise en place de la prédominance du droit, du judiciaire et de la toute-puissance des pères dans le cadre domestique, prolongement du "droit divin", renforcé par Louis XIV.
Le Mariage forcé (1664-1668)
La pièce est une satire féroce. Elle relate les mésaventures d’un vaniteux et naïf célibataire d’âge mûr, Sganarelle. Ce petit bourgeois, fortuné et repu, s’est mis en tête d’épouser la jeune et charmante Dorimène, fille d’un noble désargenté, non par amour mais afin de s’assurer, pour ses vieux jours, une retraite affective, sexuelle et domestique confortable et perpétuer enfin "la lignée des Sganarelle".
Son ami Géronimo, homme avisé, le lui déconseille dans un premier temps. Face à l'entêtement de Sganarelle, il finira par s’amuser de l’extravagant projet de son ami et lui proposer ses services dans l’achat d’un diamant pour cet événement.
Lorsqu’il rencontre Dorimène, seul son désir transparait et celle qu’il croyait posséder et dominer à bon compte, se dévoile indépendante. Affranchie et lucide sur le caractère unilatéral de cette alliance, Dorimène lui propose, sans embarras, un troc : sa jeunesse, sa gaité et sa beauté contre une riche garde-robe, des divertissements et une liberté totale, dont celle d’aimer qui bon leur plairait.
Décontenancé par cet aplomb et inquiet du caractère émancipé de la jeune femme, il consulte deux philosophes, Pancrace et Marphurius et deux Égyptiennes bohémiennes afin de vérifier de l’opportunité de cette entreprise, qu’il doit conclure et célébrer le soir-même.
Chacun y va de son charabia, de sa creuse rhétorique, de ses boniments, plus enclines à relever leur posture pédante de sophiste ou à tenter de le dépouiller de sa bourse, qu’à lui prodiguer conseils et enseignements.
Après, une mortifiante rencontre inopportune avec Lycaste, le séduisant et complaisant amant de Dorimène, enlaçant tendrement cette dernière ; humilié et affligé, Sganarelle décide de se rendre chez Alcantor, le père de la jeune fille pour se dédire de son engagement matrimonial.
Cupide, le père reste inflexible et dépêche, Alcidas, son fils, auprès de Sganarelle, afin de le "raisonner" en lui proposant un duel.
Cette dernière confrontation clos la pièce. Elle sera redoutable pour Sganarelle, le piège se refermera irrémédiablement sur lui.
Le Mariage forcé n’est pas une romance mais bien une farce cruelle. La pièce dépeint une marchandisation sordide, un donnant-donnant entre des protagonistes. Tous nous paraissent opportunistes. Il n’y a ni altruisme, ni étique, ni moral, ni sentiment, ni passion. Chacun semble chercher à satisfaire son intérêt propre.
Lorsque Sganarelle parle de Dorimène ou lorsqu’il la rencontre, son attitude n’est pas celle d’un fiancé qui courtise, qui complimente, qui exprime un quelconque sentiment amoureux, une affection contenue, une tendresse dissimulée … Il n’évoque que son impatience à entrer en possession de la jeune femme, que son bon droit et sa capacité à en jouir, le plus longtemps, sans que la société ne puisse le déplorer et ne le lui reprocher ; seul sa concupiscence transparait.
La pièce en premier lieu, dénonce la marchandisation du corps féminin dans le cadre marital, son assujettissement physique et moral, réduisant les plus dociles à se soumettre et à subir ; et les plus combatives à la duperie, à la manipulation, en cocufiant leur époux, en espérant une mort rapide de ce dernier, en le dépouillant de son vivant, rien de bien réjouissant.
Le Mariage forcé est représenté pour la première fois en janvier 1664, dans le salon de Anne d’Autriche (mère de Louis XIV) et devant la famille royale. Molière y joue le rôle de Sganarelle, un personnage inspiré de la tradition de la commedia dell’arte qu’il affectionne et dont il fera, au gré des pièces, un valet, un bourgeois, un bûcheron ivrogne, un tuteur possessif ou un barbon autosatisfait, souvent ridicule.
L’origine italienne possible de son nom est éloquente : sgannare signifie désillusionner, dessiller, et s’applique sans peine à un personnage qui incarne un dindon de la farce qui découvre à la fin qu’il a été floué.
Louis XIV, quant à lui, danse dans le spectacle, costumé en Égyptien, dans une chorégraphie de Pierre Beauchamps sur une musique de Jean-Baptiste Lully.
La version actuelle et jouée est celle publiée par Molière en 1668, plus courte que l’originale de 1664, amputée de deux actes et de l’abandon des ballets jugés trop onéreux.
Monsieur de Pourceaugnac (1669)
L’action de la pièce se passe à Paris. Elle s’articule autour de deux élégants jeunes gens, Éraste et Julie, épris l’un de l’autre. Du père de cette dernière, Oronte, bourgeois fortuné et autoritaire, qui a décidé de contrarier cette idylle et qui ambitionne d’imposer à sa fille, un époux de son choix. Et de ce nouveau prétendant, que personne n’a jamais rencontré, Léonard de Pourceaugnac, avocat de Limoges, "anobli" depuis peu et riche de quelques milliers d’écus d’or de rente de plus que le jeune galant évincé, et qui espère ainsi, par ce mariage, intégrer la haute bourgeoisie parisienne.
Révoltés par l’injuste décision paternelle, Éraste et Julie, amants sincères et résolus, décident d’empêcher ce mariage et d’engager d’émérites intrigants, Sbrigani et Nérine pour chasser le soupirant indésirable.
L’expédition matrimoniale du limousin, va se révéler cauchemardesque. Et successivement, Monsieur de Pourceaugnac va subir duperies, calomnies, humiliations et extorsions, tout cela orchestré de mains de maitre par ces comploteurs résolus et leur brillante équipe, tout en côtoyant une galerie de personnages personnages mémorables "apothicaire", "médecin", "homme de loi" et "exempt" haut en couleurs et tout aussi redoutables.
Molière s’en donne à cœur joie, en multipliant les niches et les supercheries pour amuser son prestigieux auditoire, Louis XIV, roi de France et la Cour. Évidemment, le fâcheux est chassé et l’inflexible père finira par consentir au mariage des jeunes amoureux. La comédie ne peut que plaire.
L’intrigue de la pièce "Les amours entravés d’un jeune couple par un père borné et despote" est une des plus communes et des plus usées du théâtre du XVIIème siècle. Habituellement "l’embarrassant promis" est un personnage secondaire, souvent un jeune benêt étudiant en médecine, un fastidieux homme de loi, un arrogant tartuffe, un riche vieillard ventripotent ou un pédant mondain horripilant. Cependant, dans cette pièce-ci, Molière en fait le personnage central et le rôle-titre.
Il choisit un notable de province, bourgeois parvenu, naïf et prétentieux, au caractère vaniteux. Monsieur de Pourceaugnac s’imagine de toute évidence, qu'il lui suffit de paraître, fort de son argent, de son importance sociale, de sa petite particule apparue dernièrement, pour que la jeune première de la pièce tombe dans ses bras, sans qu’il n’envisage une quelconque répugnance ou opposition de sa part. Cette posture et cet état d’esprit le destinent à être raillé, ridiculisé et mystifié, sans ménagement. Ce présomptueux devient le protagoniste idéal à une comédie à succès.
Dans le théâtre de Molière, il y a fort de peu de provinciaux. Nous pouvons citer, Cathos et Magdelon (dans Les Précieuses ridicules, 1659), provinciales converties au "parisianisme". Puis, George Dandin (1668), qui est plus un campagnard anobli qu’un bourgeois de province. Et enfin, il y a l’embryon d’une comédie en un acte, La Comtesse d’Escarbagnas (1671), qui met en scène une authentique noble de province de retour de Paris. Éblouie par l’art de la conversation, les manières et les usages instituées à la Cour, décide d’instaurer ces usages, dans sa demeure d'Angoulême … Cette petite pièce est considérée comme le pendant de Monsieur de Pourceaugnac. Toutefois ce dernier n’est pas un aristocrate mais un bourgeois-gentilhomme, "anobli de fraîche date", comme l'était déjà, Arnolphe (dans L’École des femme, 1663) ou comme le sera Monsieur Jourdain (dans Le Bourgeois-gentilhomme, 1670).
Ainsi, avec ses veines prétentions aristocratiques, Monsieur de Pourceaugnac, alliant l’état de bourgeois, de provincial et de limousin, ne peut qu’être que le flamboyant dindon de la farce, pour un distingué public parisien, au jugement cinglant et impitoyable.
Sachant qu’à cette époque, dans la littérature, "le provincial" ne peut qu’être vaudevillesque, devenu une commune silhouette grotesque du théâtre comique. L'infériorité "géographique" n'est qu'un substitut de l'infériorité "sociale" de l’époque. Et de surcroît, les habitants de Limoges sont souvent accablés d’une déconcertante et injuste réputation de balourdise et de stupidité, rejoignant ainsi le bataillon des bouffons provinciaux et concurrençant le type "normand ou picard", au même titre que "le bourgeois". Sans oublier que depuis fort longtemps, ce dernier, quelle que soient sa fortune et sa puissance, est relégué à une humanité jugé médiocre, inférieur par "naissance" à l’inégalable "aristocrate" quand bien même, il vivrait à la campagne.
Cette opposition entre Paris et la province a une origine très ancienne. Elle atteint son paroxysme avec le règne personnel de Louis XIV qui instaure la mise en place d’un pouvoir absolu, l’affirmation de son "droit divin", la construction du château de Versailles et la centralisation de ses services administratifs, la subordination de la noblesse à sa volonté propre, le contrôle et la censure de la presse et la domination de l’Europe, par de continuelles guerres.
Dès lors, Paris/Saint-Germain-en-Laye/Versailles deviennent le centre de la vie politique, sociale, économique, culturelle et artistique de la France, toute entière. Mais cette envieuse situation ne doit pas cacher la réalité de la vie quotidienne en ville, sans service d’eau courante, sans voirie, sans éclairage, ni sécurité dans les rues, derrière les façades cossues, se cachent souvent l’inconfort et la saleté.
Alors que la province française semble s’éloigner, se replier sur elle-même, réduite au rôle de réservoir et de pourvoyeuse de seigneurs qui, obligés de demeurer à Versailles pour être vus du Roi, se voient également réduit à extraire, sans trêve, de conséquents revenus de leurs propriétés de province afin de maintenir leur coûteuse position à la Cour. Ces nobles au mépris ostentatoire, se considèrent, à tort, supérieurs à ces gens de province, les jugent rustres ou ignorants, tout en les exploitant sans vergogne. Ce comportement et cette attitude ne peuvent qu’engendrer qu’amertume et ressentiment. La province en devient rancunière et dresse inlassablement la liste de ses griefs envers Paris, tout en jetant avec avidité son regard dans ce miroir obsédant et méprisant, tentant de ressembler à son modèle inaccessible. Chacun rêve de s’y illustre et de s’y anoblir.
Dans cette pièce, pour parfaire l’illusion et donner plus de vraisemblance et de consistance au "comique rural", Molière utilise avec adresse, quelques particularités pittoresques, plus généralement attachées à la province, comme "les vieux titres de Consul ou d'Élu" et fait allusion aux généalogies à la filiation interminable et aux ramifications tentaculaires, "à la mode bretonne" et à quelques "références folkloriques" rigoureusement exactes, et plaisantes pour le spectateur, du fait même de leur exactitude. Tout comme, il introduit, au fil de l’intrigue, des personnages burlesques, accablés d’accents provinciaux ou d’origines étrangères, tels que "un marchand flamand, Lucette languedocienne, La Picarde, des gardes-suisses" qui ne font que renforcer la farce et un jugement critique sur tout ce qui n’est pas parisien.
Bien entendu, Monsieur de Pourceaugnac n’est le représentant d’aucune province en particulier, tout au plus, il symbolise une idée de "la province". Tout comme, la pièce n’est pas non plus une étude étayée sur le caractère et les mœurs "du bourgeois de province" de la France de la seconde moitié du XVIIème siècle. En revanche, elle est une satire partiale et à dessin, pour divertir un auditoire choisi.
De nos jours, cette farce permet, surtout, de révéler à nos yeux de contemporains, la manière déformée et fantasmagorique, dont la "haute noblesse" et les spectateurs parisiens percevaient, avec mépris, les provinciaux et la vie en province.
La satire théâtrale construite autour du bourgeois et du provincial se poursuit jusqu’au milieu du XXème siècle, avec Eugène Labiche (1815-1988), George Courteline (1858-1959), George Feydeau (1862-1921), qui en proposent une vision des plus déplorable et caricatural. Ces auteurs sont d’ailleurs toujours encore très joués. Cette satire se maintient avec "le théâtre de boulevard" et "le café-théâtre" qui aiment à les convoquer et à s’en moquer.
Autre spécificité intéressante de la pièce, si la plupart des personnages de "bourgeois" dans le théâtre de Molière, "dominent" confortablement leur microcosme, du moins un temps. Ici, Monsieur de Pourceaugnac est comme rejeté et accablé, avant même qu’il n’apparaisse sur la scène et qu’il ne se confronte aux redoutables conspirateurs. Dès les coulisses, il semble indésirable à la multitude parisienne, qui, à son allure et à ce qu’il incarne, le moque et le conspue allègrement et l’accule de tous côtés et le contraint à faire une entrée fracassante sur le plateau.
Dès lors, pour ne pas perdre la face, à peine montre-t-il le bout de son nez, que Monsieur de Pourceaugnac s’en offusque bruyamment et apostrophe le public, brandit rageusement le poing et bombe grotesquement le torse, tout en menaçant l’auditoire de terribles représailles, qu’il ne peut, évidement, tenir et ne nous parait que plus ridicule et pédant.
Monsieur de Pourceaugnac, est, ainsi, jeté en pâture, sous nos yeux et ceux amusés de Sbrigani, qui s’en délecte et qui utilise cette piteuse situation pour mieux le ferrer et mettre en place les pièges fomentés.
Désormais, Monsieur de Pourceaugnac n’est plus qu’une proie dont on se joue. Il doit continuellement s’extirper des multiples chausse-trapes et terrifiants traquenards qui s’abattent sur lui. La fuite semble devenir sa seule échappatoire pour survivre.
Si, à son arrivée à la Capitale, il avait tendance à plastronner, tout en s’étonnant avec une grande naïveté des premières les mystifications qu’il prenait pour des particularités parisiennes, plus la pièce avance et après tant de déboires accumulés, Monsieur de Pourceaugnac nous apparait touchant et vulnérable. Face à l'adversité, il se débat. La dérobade, l’esquive s’imposent, allant jusqu’à accepter l’ultime humiliation, tant il a peur d’être pendu, "tel un manant", et ainsi, perdre la vie et renoncer à toutes ses naissantes prétentions aristocratiques.
Ainsi, loin, de Limoges, de sa famille, de ses amis et connaissances, Paris devient, à ses yeux, progressivement une ville mystérieuse, inhospitalière, menaçante et effrayante pour l’étranger qu’il représente. Lui, si confiance, dorénavant, la tristesse et l’angoisse le tenaillent, l’effroi et la défiance le submergent, tout semble hostile, lui qu’on désigne comme une bête à saigner.
Évidemment, dans son infortune, Monsieur de Pourceaugnac, que l’on fait passer pour fou, sera confié à deux redoutables médecins, autre élément comique de la pièce.
Contrairement aux précédentes farces moliéresques, ces médecins ne sont pas des imposteurs, mais issues de la faculté, ce qui de surcroit décuple la supercherie scientifique et morale de ses personnages, tant ces vaniteux fossoyeurs sont plus prompts à faire mourir leurs patients qu’à les soigner.
Molière en utilisant avec maitrise un abscons salmigondis jargon médical, soutenu par un extravagant raisonnement thérapeutique, édifie une féroce diatribe, d’une grande pertinence et drôlerie. La démonstration est jubilatoire et la dénonciation réjouissante pour le spectateur.
Sachant qu’au XVIIème siècle, la médecine est péremptoire alors qu’elle est balbutiante. Elle n’arrivait pas à reconnaitre et théoriser la maladie, incapable de la diagnostiquer avec certitude, de la traiter réellement, donc de soigner réellement le patient, tout en, malheureusement, utilisant des médications intrusives, douloureuses et spécieuses qui finissaient souvent par tuer le malade, plus rapidement que la maladie, elle-même.
Une simple fière pouvait vous conduire au tombeau, toutes douleurs provoquaient des angoisses terribles et une peur de la mort incommensurable. Ainsi, la maladie ne pouvait qu’être et demeure, encore, une machine à "l’imaginaire". Par conséquent, pour Molière un matériau de jeu inépuisable et un motif d’imposture à dénoncer.
Fuite ignominieuse
Paris
Cependant, dans ce Paris hostile et dangereux, l’ingénu Monsieur de Pourceaugnac peut nous apparait touchant et vulnérable. Car, c’est un homme de bonne foi qui vient "prendre femme" dans une société patriacale où les hommes, pères et maris sont les maitres.
Autres personnages ridicules à traiter, Oronte, le père de la jeune fille et les médecins, l’avocats
L’autre grande force de cette pièce est la scène du faux mariage forcé.
After Hours de Martin Scorsese
La pièce
Monsieur de Pourceaugnac, tout sot et suffisant qu’il soit, il n’en demeure pas moins une victime. Si n’y a pas la mort du protagoniste, comme dans la pièce Les Jumeaux Vénitiens de Carlos Goldoni, la mésaventure parisienne de Monsieur de Pourceaugnac peut paraitre à nos yeux de spectateurs contemporains, d’une effroyable et injuste cruauté, car les rires sont construits, au dépend d’un individu qui par sa singularité et un prétexte dramaturgique banal, autorise l’auteur, à le malmener, à le piéger, à s’en moquer, pour l’unique plaisir de son parterre illustre et tout puissant.
Toutefois, la situation sociale, historique et politique de l’époque, tout comme la tradition culturelle
n’en demeure pas moins terrifiante et immorale et ne peut que nous laisser un goût amer et un sentiment de malaise, et tant mieux …..
La Comtesse d’Escarbagnas, noble veuve provinciale, est de retour chez elle, après un voyage de deux mois à Paris. Voyage qui lui a permis de voir "toute la Cour" à Versailles. Elle fut éblouie par l'étiquette pratiquée par les gens de la Cour, leur conversation, leurs manières, leurs usages. Elle s'est bien jurée de faire pratiquer en sa propre demeure d'Angoulême le train de vie des "gens de qualité".
Monsieur de Pourceaugnac est une comédie-ballet représentée pour la première fois au château de Chambord, pour le divertissement du roi de France Louis XIV, le 6 octobre 1669, et donnée pour la première fois en public à Paris, au théâtre du Palais-Royal, le 15 novembre 1669.
Le rôle titre est joué par Molière
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